DandyPortrait #1 : Gianni Agnelli, la sprezzatura italienne
Paris, le 6 juillet 2012
Chers amis,
Devenir dandy, cela s’apprend mais il faut du temps… Donc autant s’inspirer des plus grands.
Nous avons donc voulu vous présenter une série d’icones, en qui, les soirs de doutes (où la tentation des Crocs se fera forte) vous pourrez toujours vous rattacher. Ainsi, voici venir à vous les portraits de ces véritables Messieurs.
L’Avvocato a su, comme le Prince de Galles mener l’élégance de son temps. « Era nato elegante » disait le Prince Giovanelli –oui, l’Italie regorge de princes, encore aujourd’hui- de celui qui en 1970 était considéré par Vanity Fair comme l’un des hommes les plus élégants de son époque. Il est le dandy italien.
Cette attitude innée, l’azur de ses yeux et ses cheveux blancs ne sont pas les seules causes de son élégance. Ses choix vestimentaires ont été au moins aussi décisifs pour faire de lui cet éternel giovanotto.
De cette figure, nous nous souvenons de ses costumes gris. Croisés de préférence, aux revers sinon à cran, du moins larges. De quoi lui tailler une stature de puissance inégalable. Taillés par la très belle maison romaine Caraceni, Gianni choisissait le plus souvent des flanelles anglaises, des tissus souvent rayés ou à motif.
Ce qui a fait la légende de Gianni –appelons nous par notre prénom entre gentlemen- c’est son sens de l’innovation. Il a su briser les codes. Grâce à ses talents il a su s’affranchir de ses règles tout en formant une figure unique d’élégance. Bref, il a créé la mode de son temps, la marque d’un vrai dandy.
Il réinstaura ainsi la cravate en laine ou en maille, pour une attitude plus décontractée. Commandées chez la maison napolitaine Marinella, il les arborait toujours avec un nœud simple, le plus naturellement du monde, souvent le pan le plus fin dépassant l’autre –l’inverse de ce que l’on vous conseillerait en temps normal. Mais, il s’agit ici de l’Avvocato, le dernier roi d’Italie, personne n’a rien à lui apprendre.
Mais il fit également preuve d’innovation en matière de soulier. On raconte qu’un jour, il vint chaussé en desert boots à un conseil d’administration de Fiat. La semaine suivante, tous les cadres portaient des Clarks : une illustration de son influence stylistique. Il poursuivit cette réputation de dandy en participant à l’essor des mocassins à picots (de chez Miserrochi) et des Car Shoes. Il n’hésitait pas les porter en costume. Mais ses souliers les plus marquants furent sans nul doute ces bottines d’alpinisme. Un clin d’œil à ses origines calabraises -comme cette habitude de porter ses montres sur le poignet de ses chemises- un parfait exemple de la sprezzatura italienne.
Enfin, Gianni s’appliqua sûrement autant à mener sa vie de playboy qu’il le fit pour mener l’empire Fiat. L’Avvocato c’est une élégance discrète qui manque parfois à nos dandys modernes. Au printemps, il n’était pas rare de voir notre ami atterrir aux aurores à l’aéroport de la Môle. Il se hâte de gagner le Stealth, ce voilier de régate auquel il tenait tant, au mouillage dans le golfe de Saint Tropez sans que personne ne l’aperçoive. Oui, Gianni n’est pas de ceux qui, champagne et jeunes amies russes à la main trônent en faux rois devant le Sennequier. Il préfère tirer des bords au large de Sainte Maxime et se baigner, parfois nu dans la Méditerranée. Sa discrétion, c’est surement la clé de la sprezzatura de ce dandy.
Alors, quand est-ce qu’on enfile nos bottes d’alpinisme pour notre prochaine réu’ corporate ?






